Essai et avis Renault Clio 3
La Clio cède à la tendance : elle s'allonge de 17 cm et flirte avec les quatre mètres, comme ses rivales Fiat Grande Punto ou la future remplaçante de la 206. Une inflation assumée par Renault pour toujours offrir plus à ses clients.
C'est une réalité : en dépit des problèmes d'encombrement, de consommation et de pollution, les nouvelles voitures continuent à grandir et à s'alourdir. L'illustration flagrante nous en est donnée par la nouvelle Clio, qui s'allonge de 17 cm et flirte maintenant avec les quatre mètres, comme la récente Fiat Grande Punto et la remplaçante de la Peugeot 206, programmée pour l'année prochaine. Pourquoi cette inflation des dimensions et du poids ? Tout simplement parce que les constructeurs, se livrant une lutte sans merci, veulent toujours en offrir plus aux clients et être au top en matière de sécurité, grande mangeuse de kilos.
Les possesseurs de Clio III ne devraient cependant pas se plaindre des cinq étoiles décrochées aux tests EuroNCAP, c'est la huitième Renault dans ce cas, ni de l'habitabilité en hausse dans toutes les directions et de la contenance du coffre passée de 255 litres sur la Clio II à 288 litres. Comme le confort (insonorisation) et la qualité des matériaux (pour une meilleure fiabilité) ont aussi progressé, le poids total de la Clio III a grimpé d'environ 130 kg.
Les performances stagnent donc et limitent l'utilisation des versions d'entrée de gamme essence et diesel à des parcours très tranquilles. Contrairement aux 1.4 16V et 1.6 16V, qui consomment un peu moins qu'en Clio II, les dCi, à la puissance augmentée de 5 ch, affichent des consommations en légère hausse, restant toutefois très appréciables par les temps qui courent. Plus que la dynamique version dCi de 105 ch à boîte 6 rapports, moins souple en ville et dont l'assistance de direction électrique surprend parfois, la dCi de 85 ch présente le meilleur compromis pour rouler tous les jours. Toutes les Clio III partagent en revanche le même comportement équilibré et rassurant, le même confort, une bonne filtration des bruits et une bonne insonorisation.
Peu originale côté modularité mais soignée au niveau de l'ergonomie et des équipements disponibles, la nouvelle Clio renforce donc l'attrait de la classique berline qu'elle est restée, sans prendre de risques esthétiquement.
Parmi ses points forts : le confort et l'insonorisation, l'habitabilité, la sécurité, le comportement, la contenance du coffre, la consommation de la dCi 85 ch, et un grand choix d'équipements. Côté points faibles : un poids en hausse, des performances moyennes, l'absence de plancher plat banquette repliée, des à-coups en ville et des sensations dans la direction sur la dCi 105 ch, et des vitres arrière fixes sur la version 3 portes.
Il s'agit d'une traction, berline 3 ou 5 portes, longue de 3,98 m, large de 1,70 m et haute de 1,49 m, avec un coffre de 288 litres et un réservoir de 55 litres. La gamme essence comprend les 1.2 l (75 ch), 1.4 l (100 ch) et 1.6 l (110 ch) ; la gamme diesel les 1.5 l dCi (70, 85 et 105 ch). La boîte de vitesses est manuelle à 5 rapports (6 rapports sur le 1.5 dCi 105 ch) ou automatique à 4 rapports sur le 1.6 l 110 ch. Les consommations mixtes normalisées vont de 4,4 l/100 km (dCi 85 ch) à 6,6 l/100 km (1.4 et 1.6 l).
Face à elle, la Peugeot 206, à partir de 10 900 €, encore tout à fait dans le coup, va prendre un coup de vieux auquel Peugeot a prévu de répondre dès l'année prochaine avec l'arrivée de sa remplaçante ; moins habitable et dotée d'un plus petit coffre, elle reste aussi en retrait par la qualité de ses matériaux de planche de bord, malgré une large gamme de moteurs, y compris HDI. La Citroën C3, également à partir de 10 900 €, tout en rondeur et un peu plus haute que la Clio III, est une sympathique 5 portes dotée d'un grand coffre ; agréable à conduire et confortable, elle déçoit par la qualité de sa finition intérieure, et n'est proposée en diesel qu'avec le petit 1.4 l HDI de 70 ch ou le 1.6 l HDI de 92 ch. La C3 est épaulée par la C2 en 3 portes.