Essai et avis Honda Civic Hybride Modèle américain
Basée sur le modèle vendu aux États-Unis plutôt que sur l'audacieuse Civic européenne, cette hybride gagne en puissance avec un 1,3 litre de 95 ch épaulé par un moteur électrique de 20 ch, au détriment d'une 4 portes moins pratique qu'une 5 portes.
Convaincu, comme Toyota, que l'avenir passera par les véhicules hybrides associant un moteur essence et un moteur électrique, Honda propose depuis ce mois-ci sa nouvelle Civic ainsi équipée. Il ne faut cependant pas chercher de ressemblance avec l'audacieuse Civic commercialisée chez nous depuis janvier, la version hybride étant basée sur le modèle vendu aux États-Unis.
C'est une classique quatre portes, à peine plus longue que sa devancière, un peu plus lourde, et dont le coffre, au volume plus important, reste toujours séparé de l'habitacle par une cloison fixe. Il est certain que la clientèle française aurait préféré une cinq portes plus pratique, mais le plus important n'est pas là. Sous le capot, cette Civic voit la puissance de son 1,3 litre essence passer à 95 ch, contre 86, et celle de son moteur électrique atteindre 20 ch, contre 13,6.
C'est mieux, et les performances sont là pour le prouver. L'agrément de conduite laisse cependant encore à désirer : la boîte à variation continue fait bourdonner le moteur dès que l'on accélère un peu fort. L'atout de cette CVT est de participer à abaisser la consommation à 4,6 l/100 km en cycle mixte, contre 4,9 litres auparavant avec une boîte manuelle. Il faut toutefois avoir le pied léger pour profiter au mieux de la chaîne de traction hybride, qui dans la réalité aboutit à une consommation moyenne d'environ 7 l/100 km.
Dans les embouteillages, en revanche, ou à un stop, le moteur s'arrête carrément et la pollution est alors réduite à zéro. Mais il n'a jamais été possible de rouler en tout électrique, le moteur 1,3 litre se remettant en route dès que la pédale de frein est relâchée. Au final, la Civic hybride va dans le bon sens mais ne donne pas toute satisfaction : elle ne fait pas aussi bien que la Toyota Prius et n'apporte pas d'arguments décisifs face à des rivales diesel. Elle a cependant le mérite d'exister et de défricher des voies d'avenir.
Lors de l'essai, une proposition réaliste, le silence et la douceur de conduite « pied léger », une consommation modérée, une direction agréable, la tenue de route et l'équipement ont constitué les principaux points forts. Un ensemble moteur-boîte CVT imparfait, du bruit en accélération franche, l'impossibilité de rouler en tout électrique et une contenance de coffre moyenne ont en revanche été relevés comme points faibles.
Sur la fiche technique, cette Civic en traction, 4 portes, 5 places, mesure 4,54 m de long, 1,75 m de large et 1,43 m de haut, pour un coffre de 350 litres et un réservoir de 50 litres. Le moteur essence 1.3 litre de 1 339 cm3 (5 CV, 95 ch) est couplé à un moteur électrique de 20 ch, associé à une boîte à variation continue CVT. Les consommations s'établissent à 5,2 l/100 km en cycle urbain, 4,3 l en extra-urbain et 4,6 l en cycle mixte.
Sur ce segment, la Civic hybride doit composer avec la Toyota Prius, à partir de 25 050 euros, plus efficace et plus nerveuse, qui associe avec plus de réussite, en agrément comme en consommation (4,3 l/100 km), un moteur essence de 77 ch et un moteur électrique de 68 ch, avec plus de place à l'arrière pour les jambes et un coffre plus vaste mais moins haut, dans un gabarit de cinq portes d'un poids équivalent. Elle affronte aussi la Volkswagen Jetta 1.9 TDI, à partir de 25 050 euros, d'un gabarit semblable à celui de la Civic, dérivée de la Golf, avec quatre portes et un grand coffre ; un peu plus lourde, elle consomme 5,2 l/100 km de gazole en cycle mixte pour un prix d'achat inférieur, avec une boîte robotisée à 6 rapports disponible en option pour 1 760 euros.