Essai et avis Chevrolet Evanda
Dessinée par Giugiaro, dotée de suspensions Porsche, d'un moteur Ricardo et d'une boîte ZF, la Chevrolet Evanda s'attaque aux familiales établies. Élégante et bien née, elle pâtit d'un moteur bruyant et d'une boîte auto 4 rapports dépassée.
Pour attaquer bille en tête les Passat, Mondeo, Vectra, Laguna, 406, Avensis, Superb, mais aussi Mazda 6, Citroën C5, Mercedes Classe E ou Hyundai Sonata, il faut du courage ! Daewoo n'en manque pas, qui avait déjà tenté sa chance en 1997 avec la Leganza. Rien ne s'est passé comme prévu, alors le coréen insiste et revient avec sa remplaçante, l'Evanda. Au style toujours signé par l'Italien Giugiaro, on ajoute cette fois des suspensions Porsche, un moteur Ricardo, une boîte auto ZF, une électronique Delphi : rien que des numéros un dans leur spécialité ! Avec de tels cerveaux, l'Evanda ne peut être qu'une surdouée.
Et c'est vrai, elle est très belle, élégante, racée, avec un moteur 2 litres de 131 ch économe, un peu bruyant tout de même, coupleux mais à trop haut régime. Elle tient fort bien la route et freine sec, seule la boîte auto 4 rapports fait vieillotte, ZF en fabriquant aujourd'hui à 6 vitesses. Daewoo a testé le tout en Angleterre, au MIRA, et lui a infligé 1,8 million de kilomètres avant de la déclarer apte au service.
Comme l'ergonomie est bonne, que l'intérieur s'habille de cuir, avec siège conducteur électrique à 8 positions, que tout y est, climatisation, 6 airbags, ABS, EBD, TCS, l'Evanda tient fort bien son rang face à ses rivales. Très habitable, avec banquette arrière 2/3-1/3, malle de 435 litres, freinée par 4 disques et double servo, dotée d'une remarquable direction à assistance variable, sa bonne aérodynamique économise le carburant, moins 4 %. Elle gagne aussi 4 étoiles aux tests NCAP, grâce à 50 % de tôles à haute résistance et aux 150 crash-tests réalisés auparavant par Daewoo.
Bref, à 20 800 euros, elle a tout pour plaire, hormis qu'elle est seule, trop seule, et disponible en une seule finition CDX. Dans ces conditions, face à la débauche de motorisations et de diesels des marques concurrentes, bien plus connues et mieux implantées que Daewoo, que va pouvoir faire l'Evanda ? Pas grand-chose, hélas pour elle !
Parmi les points forts : la ligne, un équipement très complet, le rapport prix-prestations, les performances, l'agrément de conduite et l'habitabilité. Côté points faibles : l'absence de V6 et de diesel, l'absence de navigation GPS, un super équipement associé à un moteur d'entrée de gamme, un tableau de bord de bonne qualité mais démodé, le bruit moteur à haut régime, et un manque d'image de marque.
Côté fiche technique, l'Evanda est une traction à 4 portes et 5 places, longue de 4,77 m, large de 1,815 m et haute de 1,440 m. Son coffre affiche 435 litres au minimum et son réservoir 65 litres. Le moteur essence 4 cylindres 16 soupapes de 1 998 cm3 développe 131 ch pour un couple de 18,5 mkg à 4 200 tr/min, associé à une boîte manuelle à 5 rapports ou automatique à 4 rapports. Les consommations normalisées s'établissent à 12,3 l/100 km en urbain, 6,8 l/100 km en extra-urbain et 8,8 l/100 km en mixte en boîte manuelle, contre 13,4, 7,3 et 9,6 l/100 km avec la boîte automatique.
La Chevrolet Evanda face à ses concurrentes
Face à elle, deux rivales se distinguent. La Toyota Avensis, à partir de 18 400 euros, plus courte (4,6 m en berline, 4,7 m en break), n'est pas vraiment différente de l'Evanda sur le plan technique : à 20 600 euros, sa version Linea Sol Pack 130 ch est quasiment au même prix que la coréenne, mais avec des carrosseries berline, 5 portes et break, des motorisations essence de 110 à 150 ch et deux bons diesels, l'offre Avensis est très supérieure. La Mazda 6, également à partir de 18 400 euros, saluée comme une réussite, est aussi jolie et plus sportive que l'Evanda ; vendue elle aussi par un réseau peu étendu, elle offre tout de même plusieurs carrosseries, berline, 5 portes et break, 3 niveaux de finition, des motorisations essence et diesel qui réalisent 80 % des ventes : le client est ainsi assuré d'acheter juste ce qu'il lui faut.