Essai Ligier Myli LAB 2026 : sans permis, mais pas sans bruit
Look tout noir, coffre de 459 litres, équipement pratique : la Ligier Myli LAB a de quoi séduire les jeunes conducteurs. Mais au volant, son diesel REVO D+ fait beaucoup parler de lui. Et pas toujours en bien.
Une voiture sans permis à l'essai chez zoomcar.fr ? L'exercice sort de nos habitudes. Nos pages accueillent d'ordinaire des SUV familiaux, des citadines électriques ou les dernières nouveautés du marché. Cette fois, place à la Ligier Myli LAB 2026, une petite deux-places qui promet une chose simple : se déplacer seul, sans permis B.
Précisons d'emblée les règles du jeu. Un quadricycle léger ne se juge pas comme une automobile. Vitesse bridée à 45 km/h, puissance plafonnée, homologation spécifique : lui reprocher de ne pas tenir le rythme sur la voie rapide n'aurait aucun sens.
Cela ne nous empêche pas d'être exigeants. À 12 499 € le ticket d'entrée, la Myli LAB coûte le prix d'une citadine d'occasion récente. Son style tout noir et son diesel REVO D+ de nouvelle génération ont de quoi séduire sur le papier. Au volant, le tableau se nuance nettement.
L'avis de Zoomcar.fr sur la Ligier Myli LAB
Nous sortons de cet essai avec un avis partagé. La Myli LAB a de vrais atouts : un gabarit de poche, un design soigné et un équipement de série bien pensé. Surtout, elle offre une autonomie de déplacement précieuse à ceux qui n'ont pas, ou plus, le permis B.
Le revers de la médaille se trouve sous le capot. Le monocylindre diesel ne se fait jamais oublier et l'habitacle en subit les conséquences. Nous nous attendions à des compromis, pas à ce que l'agrément soit à ce point sacrifié. La Myli LAB fait le travail, mais rarement avec plaisir. À ce tarif, la nuance compte.
Qu'attendre de cette nouvelle Ligier Myli LAB ?
Avec la Myli LAB, Ligier veut rendre la voiture sans permis désirable, en particulier aux yeux des adolescents. Accessible dès 14 ans avec le permis AM, elle joue la carte de l'identité visuelle et de la personnalisation.
Le constructeur a aussi soigné le quotidien : support de smartphone intégré à la planche de bord, vitres électriques, projecteurs à LED. Côté mécanique, il met en avant la sobriété du REVO D+, mais aussi sa discrétion et la réduction des vibrations. Ces deux dernières promesses étaient celles que nous avions le plus hâte de vérifier.
Design et allure : une petite voiture qui soigne son apparence
Premier bon point, la Myli LAB a du caractère. Teinte Noir Intense, éléments de finition sombres, enjoliveurs façon carbone : l'ensemble dégage une allure urbaine assumée, loin de l'image de voiturette utilitaire qui colle encore au segment.
À l'avant, les optiques rondes lui donnent une bouille sympathique. Le capot court et les proportions ramassées complètent une silhouette cohérente. Les jantes acier de 13 pouces restent discrètes, mais Ligier propose des jantes en aluminium et un programme de personnalisation pour ceux qui veulent se démarquer.
Son gabarit est son meilleur argument en ville. Avec moins de 3 mètres de long, elle se glisse là où une citadine classique renonce, et se gare à peu près partout.
Dimensions Ligier Myli Lab
| Longueur | 2 958 mm |
| Largeur (hors rétroviseurs) | 1 500 mm |
| Hauteur | 1 541 mm |
| Volume de coffre sous tablette | 459 l |
| Volume de coffre sous pavillon | 615 l |
Conduite : du bruit, des vibrations et un agrément très limité
C'est le chapitre qui fâche. Prendre le volant de la Myli LAB oblige à revoir ses repères, et pas seulement en matière de vitesse.
Sous le capot, le monocylindre diesel REVO D+ cube 499,8 cm³. Il développe 6 kW, soit environ 8 ch, et 27 Nm de couple. Des valeurs dans la norme de la catégorie, pour une vitesse maximale réglementaire de 45 km/h.
Le moteur s'annonce dès la mise en route, puis il ne lâche plus l'affaire. Sa sonorité emplit l'habitacle et les vibrations remontent dans la caisse en permanence. À allure réduite, comme lorsqu'on le sollicite davantage, impossible de rouler dans une ambiance apaisée.
Ligier vante pourtant un moteur particulièrement silencieux. Notre ressenti est tout autre : le bruit et les secousses du monocylindre sont les deux principaux points noirs de cet essai.
Tout n'est pas à jeter. La transmission automatique simplifie la conduite, la maniabilité rend les manœuvres faciles et le format colle parfaitement aux trajets de proximité. Mais facilité d'usage ne veut pas dire agrément. La Myli LAB vous emmène d'un point à un autre ; elle ne rend pas le trajet agréable.
Technologies et équipements : de bonnes idées, sans superflu
L'équipement de série vise juste. Le support de smartphone intégré à la planche de bord parle directement à une clientèle qui navigue et écoute sa musique sur son téléphone. Deux prises USB, en formats A et C, permettent de le garder chargé.
Vitres électriques, fermeture centralisée à distance et projecteurs avant Full LED complètent la dotation. Rien de spectaculaire, mais de quoi faciliter la vie à bord d'un véhicule de cette catégorie.
N'attendez pas pour autant un grand écran d'office. La tablette tactile de 10 pouces, avec Apple CarPlay, Android Auto et caméra de recul, fait partie des options. La version de base se contente d'un prééquipement radio.
Bonne surprise en revanche du côté du freinage, assuré par quatre disques. Rappelons toutefois que l'homologation des quadricycles légers n'impose ni crash-tests ni ABS : la Myli LAB ne peut prétendre au niveau de sécurité d'une voiture particulière.
Confort : une habitabilité correcte, une ambiance beaucoup moins convaincante
À deux, on s'installe sans difficulté. Les sièges en simili-cuir noir et les inserts façon carbone donnent une présentation plus flatteuse que ce que l'on imagine pour une voiture sans permis. Les commandes tombent sous la main et la prise en main ne réclame aucun apprentissage.
Le coffre est une vraie réussite. Ligier annonce 459 litres sous la tablette et jusqu'à 615 litres chargés jusqu'au pavillon. De quoi avaler les courses de la semaine, un sac de sport ou un cartable sans se poser de questions.
Le confort acoustique, lui, reste le maillon faible. Le moteur s'invite dans toutes les conversations et les vibrations finissent par donner une impression de rusticité. La suspension, sans être un supplice, ne gomme pas grand-chose des imperfections de la chaussée.
Sur quelques kilomètres, cela se supporte. Au fil des trajets répétés, le manque de douceur devient fatigant. C'est sans doute le compromis le plus difficile à accepter.
Quel budget pour la Ligier Myli LAB 2026 ?
Prix au catalogue France pour la Myli LAB diesel : 12 499 € (TTC, hors options et hors frais de mise à la route)
Pour une voiture cantonnée aux petits trajets, la facture est salée. À ce prix, la fermeture centralisée, les vitres électriques, les projecteurs à LED et le support de smartphone sont de série. La direction assistée, la climatisation et l'écran multimédia, eux, relèvent des options et peuvent rapidement faire grimper l'addition.
Côté carburant, Ligier annonce 3,0 l/100 km et plus de 550 km d'autonomie grâce au réservoir de 17 litres. Des chiffres constructeur : notre essai, centré sur les sensations de conduite, ne s'est pas accompagné de relevés.
À l'achat s'ajoutent l'assurance, l'entretien et le carburant. Au final, la Myli LAB vend surtout de l'indépendance. Le prix peut se justifier selon les besoins, mais il ne fait pas oublier les limites du confort.
Points forts
- Le design Full Black réussi
- La facilité de stationnement
- Le coffre de 459 litres
- Les équipements pratiques de série
- L'autonomie diesel annoncée
Points faibles
- Le bruit moteur omniprésent
- Les vibrations importantes
- Le confort de conduite limité
- Le tarif élevé
- Plusieurs équipements en option
La Ligier Myli LAB face à ses concurrents
La voiture sans permis a changé de public. Longtemps associée à une clientèle bien particulière, elle séduit aujourd'hui les jeunes en quête d'autonomie. Face à la Ligier, les alternatives ne manquent pas.
Citroën Ami : la simplicité électrique
Affichée à partir de 8 190 € sur le site du constructeur, l'Ami joue dans une autre gamme de prix. Son moteur électrique fait disparaître les vibrations du diesel et simplifie le quotidien. En contrepartie, son autonomie reste courte et sa présentation très dépouillée. La Myli LAB reprend l'avantage avec son coffre, son équipement et sa liberté de rouler sans se soucier de la recharge.
Fiat Topolino : le charme avant tout
La Topolino mise sur le style rétro et la vie en ville. 100 % électrique, elle annonce jusqu'à 75 km d'autonomie en cycle WMTC. Son format ultra-compact facilite le stationnement, mais limite le chargement. La Ligier se montre plus polyvalente pour qui multiplie les trajets. La Fiat garde l'avantage d'une motorisation sans claquements diesel, même si cela ne garantit pas un silence parfait.
Aixam Easy Access : la rivale directe
C'est face à l'Aixam que la comparaison prend tout son sens. Proposée à partir de 11 499 € en diesel, l'Easy Access offre elle aussi vitres électriques, fermeture centralisée et support de smartphone. La Myli LAB coûte 1 000 € de plus, mais elle peut s'appuyer sur des chiffres concrets : Aixam annonce 4,3 l/100 km et 350 km d'autonomie maximale avec son réservoir de 16 litres, contre 3,0 l/100 km et plus de 550 km pour la Ligier. Sur le terrain du confort acoustique, seul un essai comparatif des deux modèles permettrait de trancher.
La Myli LAB occupe donc une place intéressante, mais inconfortable. Les électriques de Citroën et Fiat soulignent cruellement le principal défaut de son diesel, tout en imposant une autre organisation pour la recharge. Face à Aixam, Ligier défend mieux son choix du thermique, chiffres de consommation à l'appui.
Reste une question de fond : pour quelques kilomètres par jour, l'autonomie du diesel vaut-elle le bruit et les vibrations en plus ? Nous avons des doutes.
Pour conclure cet essai de la Ligier Myli Lab
La Myli LAB 2026 ne manque pas d'arguments. Design moderne, gabarit compact, coffre généreux, équipements pratiques : elle répond à un besoin bien réel, celui de se déplacer librement sans permis B.
Pour un adolescent qui rejoint son lycée, une personne qui ne peut plus conduire une voiture classique ou quelqu'un qui cherche un véhicule de proximité, elle peut changer le quotidien.
Cet essai rappelle pourtant qu'il y a un monde entre rendre la mobilité possible et rendre la conduite agréable. Le bruit du diesel, les vibrations et le confort général sont des concessions lourdes. Les contraintes du segment les expliquent en partie, pas au point de les excuser sur un véhicule facturé plus de 12 000 €.
Ces limites ne seront pas rédhibitoires pour tout le monde, mais mieux vaut les connaître avant de signer. Notre verdict : une petite voiture qui offre une grande liberté, à condition d'accepter que le confort ne soit pas du voyage.