Renault bouleverse son ingénierie : 800 salariés français invités au départ
Pour gagner en compétitivité face à la Chine, le groupe Renault annonce un plan de départ volontaire de 800 ingénieurs sur les quelque 5 500 qu’il emploie dans l’Hexagone. 500 autres seront affectés à de nouvelles tâches, tandis que 150 à 200 nouveaux salariés seront appelés en renfort dans des secteurs bien spécifiques.
Alors que Renault Group avait déjà annoncé ces derniers mois la fermeture prochaine de ses centres d’ingénierie de Villiers-Saint-Frédéric (78) dédié au développement des véhicules utilitaires, et des Ulis (91) consacré à celui des modèles sportifs (autrefois Renault Sport puis Alpine), on apprend aujourd’hui qu’un autre centre d’excellence du groupe sera prochainement réformé en profondeur : le Technocentre de Guyancourt (78), pôle principal de recherche, développement et conception de modèles dans l’Hexagone.
Rattraper la Chine sur les délais de mise sur le marché
800 postes d’ingénieurs vont être supprimés, sous la forme d’un plan global de départs volontaires. Renault cherche par là à réduire sa masse salariale pour mieux faire face à la montée en puissance des constructeurs chinois, qui développent des véhicules à vitesse grand V : deux ans en moyenne, contre cinq ans pour la plupart des constructeurs occidentaux. Une force de frappe inouïe qui avait d’ailleurs déjà donné des idées à Renault : le groupe a fondé en 2024 l’ACDC (Advanced China Development Center), un centre d’ingénierie basé à Shanghai et où travaillent de concert des ingénieurs chinois et étrangers, et qui a été à l’origine du développement de la nouvelle Twingo, développée en deux ans, une première pour la marque !
Des départs volontaires, des recrutements et des mouvements internes
Pour se rapprocher au maximum de ce délai de référence, le groupe taille donc dans ses croupières françaises en limogeant 800 de ses quelque 5 500 ingénieurs, mais va aussi embaucher, en parallèle, 150 à 200 ingénieurs qui seront affectés à des expertises stratégiques, notamment le logiciel (software), l’intelligence artificielle et l’électrification. 500 autres ingénieurs seront par ailleurs réaffectés à de nouvelles tâches. Pour les autres, enfin, le groupe prévoit 200 000 heures de formation afin de s'adapter à l'évolution technologique du secteur. L’objectif assumé est de rattraper les constructeurs chinois, mais n’est-ce pas un peu tard ?