Essai et avis Lancia Thesis Style années 50
Impossible de confondre la Lancia Thesis avec ses rivales allemandes : calandre chromée verticale, un style des années 50 qu'on aime ou qu'on déteste. L'habitacle latin mêle Alcantara, métal poli et bois, loin de la sobriété germanique.
Impossible de se tromper, cette Thesis est bien une Lancia. Non seulement on ne peut la confondre avec aucune de ses rivales, BMW Série 5, Mercedes Classe E, 605 ou bientôt VelSatis, mais elle arbore tous les attributs de la marque tels qu'on les adorait dans les années 50. Calandre étroite et verticale, à grille chromée, capot moteur bien marqué, doucement raccordé à des ailes puissantes, phares anguleux cernés de chrome, arrière à la fois fluide et lourd. On aime ou pas, mais on ne peut rester indifférent.
L'intérieur lui, fera l'unanimité. Il marie parfaitement des compteurs superbement rétro, l'Alcantara, le métal poli et le bois. L'ensemble est chaud, sympathique, latin mais bien agencé, aux antipodes de la triste sobriété germanique et pourvu d'un équipement d'anthologie. L'écran Connect symbolise la mutation de Lancia car, avec commande vocale, il permet à peu près tout en matière de télécommunications et d'information. Au chapitre des « plus », l'air de la climatisation diffusé par des petits trous sur toute la planche de bord, le siège conducteur massant, le frein de parking électrique, marquent la différence.
Luxueuse mais pas sportive, Thesis s'offre pourtant un V6 de 215 ch, né Alfa mais avec un « son » Lancia. Japonaise, la boîte auto intelligente à 5 rapports est aussi remarquable que la suspension à régulation électronique Sachs Skyhook, parfait compromis entre tenue de route et confort. Lourde (1 750 kilos), la Thesis use de son poids pour bien filtrer les vibrations.
Véritable tapis volant, son silence feutré rend encore plus audibles les bruits aérodynamiques. Pas encore connu, son prix devrait se situer vers 270 000 F, évidemment moins cher que les Allemandes. Lancia ne compte pas produire plus de 25 000 Thesis par an, dont 2 000 pour la France.
Ce modeste objectif vise surtout à redorer le blason de la marque. Thesis a tout pour y parvenir mais un handicap, un réseau Fiat déjà très occupé à relever, avec succès, Alfa Romeo.
Points forts : ligne originale et réussie, finition et équipement de haut niveau, compromis tenue de route-confort.
Points faibles : bruits aérodynamiques à l'avant, rayon de braquage trop grand, consommation.
Traction, 4 portes, 5 places. Longueur 4,89 m, largeur 1,83 m, hauteur 1,47 m. Coffre 480 litres. Réservoir 75 litres. Moteur essence : V6, 24V, 2 959 cm3, 215 ch. Puissance fiscale non connue. Boîte de vitesses automatique intelligente 5 rapports Aisin Warner. Consommations normalisées, en litres aux 100 km : urbain 20,6, extra-urbain 9,1, mixte 13,4.
La Lancia Thesis face à ses concurrentes
Peugeot 607 à partir de 29 346 €. Peugeot entend se poser en alternative aux Allemandes. Il y est parvenu avec des lignes très douces et une technologie souveraine surtout basée sur l'attrait du diesel 2.2 à filtre à particules. La gamme est plus complète mais la version V6 Pack comparable à la Thesis est sensiblement au même prix.
BMW Série 5 à partir de 29 346 €. La Série 5 souffre d'une ligne qui commence à dater. En revanche, ses mécaniques n'ont pas pris une ride et sont toujours dans le coup, notamment les célèbres 530d common rail qui ont décomplexé les acheteurs de haut de gamme vis-à-vis du diesel. Une qualité qui n'excuse pas des tarifs toujours aussi élevés.