Les voies de covoiturage en France
Le panneau avec un losange
On parle de plus en plus de ces fameuses "voies de covoiturage" sur les routes de France. Peut-être en avez-vous côtoyé lors d'une virée ou l'empruntez-vous régulièrement dans certaines grandes villes de l'hexagone ? Savez-vous à quoi elles ressemblent ? Comment les reconnaître ? Et surtout, quand pouvez-vous les emprunter ? Retrouvez dans cet article tous les éléments nécessaires pour comprendre le fonctionnement d'une voie de covoiturage et comment celle-ci est inscrite dans le Code de la Route.
Qu'est-ce qu'une voie de covoiturage ?
Ces nouvelles routes qui débarquent progressivement en France prévoient un traitement particulier de la circulation.
Des voies de covoiturage réservées sur autoroute
Les voies de covoiturage, souvent identifiées par un losange blanc, sont des aménagements routiers conçus pour encourager le covoiturage et réduire ainsi la congestion et la pollution.
Ces voies sont réservées aux véhicules transportant un nombre minimum de personnes, généralement deux ou trois, selon les règles locales.
En offrant un passage plus rapide à travers les zones de forte circulation, notamment pendant les heures de pointe, elles visent à rendre le covoiturage plus attractif pour les automobilistes, en récompensant ceux qui contribuent à diminuer le nombre de véhicules sur les routes.
La voie royale pour les voitures électriques

Si la philosophie de cette nouvelle voie est de promouvoir les transports partagés, la voiture électrique fait figure d'exception.
En effet, un conducteur seul dans son véhicule électrique doté de la vignette Crit'Air verte "zéro émission" peut emprunter la voie réservée.
En permettant ainsi aux véhicules électriques d'utiliser ces voies, la volonté est d'encourager les conducteurs à opter pour des véhicules réduisant les émissions de gaz à effet de serre.
Limitation de vitesse sur les voies de covoiturage
Dans un effort pour maximiser la sécurité tout en favorisant une circulation fluide, une limitation de vitesse de 50 km/h est souvent imposée sur ces voies réservées, voire 70 km/h sur certaines autoroutes.
Cette mesure aide à gérer le flux de véhicules et à minimiser les risques d'accidents, surtout pendant les heures de pointe, où la densité de trafic peut être très élevée.
La limitation de vitesse est également un moyen de s'assurer que les voies de covoiturage ne servent pas de voies de dépassement rapide, mais plutôt de moyens efficaces pour encourager le covoiturage tout en respectant les normes de sécurité routière.
Ces restrictions de vitesse sont clairement indiquées à l'entrée des voies de covoiturage et sont renforcées par des panneaux de signalisation réguliers tout au long de la voie. Il est crucial pour les conducteurs de respecter ces limitations pour éviter des sanctions et pour contribuer à l'efficacité générale des voies de covoiturage.

Le panneau de signalisation en losange
Le losange blanc, affiché sur les panneaux de signalisation ainsi que sur la route, indique que la voie est réservée à des usages spécifiques, en l'occurrence le covoiturage.
Ce symbole est universellement reconnu et sert à informer rapidement les conducteurs que l'accès à la voie est conditionné par le nombre de passagers dans le véhicule. Le non-respect de cette règle peut entraîner des sanctions, incluant des amendes.
Comment fonctionnent les voies de covoiturage ?
Tout conducteur en France qui n'a pas encore eu l'opportunité d'apercevoir ces nouvelles routes sur leur trajet, ni de les tester, peut se sentir déstabilisé par cette nouvelle signalisation. Apprendre à les reconnaître, mais surtout savoir les emprunter, va devenir un nouvel enjeu en matière de Sécurité Routière.
Qui peut emprunter ces voies de circulation ?
L'accès aux voies de covoiturage, les Vr2+, est réglementé par des critères spécifiques qui varient selon les régions mais suivent une logique commune : la présence d'au moins deux personnes dans un véhicule particulier non électrique, conducteur inclus.
Dans certaines zones, ce nombre peut être plus élevé, surtout dans les grandes métropoles où le trafic est particulièrement dense. Certains véhicules de transport en commun, comme les bus ou les taxis, ainsi que les véhicules de secours comme les pompiers et ambulances, peuvent également emprunter ces voies.
Comment reconnaître et utiliser correctement ces Vr2+ ?

Les voies de covoiturage sont généralement situées à gauche ou à droite de la chaussée principale et sont marquées non seulement par des panneaux de signalisation verticaux mais aussi par des marquages au sol spécifiques.
Il est crucial que les usagers de la Vr2+ reconnaissent et respectent ces indications pour garantir la fluidité et la sécurité du trafic. L'utilisation incorrecte de ces voies peut non seulement réduire leur efficacité mais également créer des situations de danger sur la route.
Réglementations et sanctions en cas de mauvaise utilisation
Les sanctions pour l'utilisation inappropriée des voies de covoiturage peuvent être sévères, incluant des amendes significatives prévues dans le Code de la Route. Ces mesures sont mises en place pour dissuader les conducteurs de violer les règles du covoiturage, garantissant ainsi que les avantages de ces voies bénéficient à ceux qui respectent les critères d'accès.
La surveillance de ces voies est souvent renforcée par des caméras et, dans certains cas, par des patrouilles de police pour assurer le respect des règles.
Quelle amende risque-t-on ?
Les voies de covoiturage, désormais inscrites au Code de la Route, sont effectivement strictement réglementées.
Un conducteur qui emprunte seul une voie réservée, sans y être autorisé, s'expose à une contravention de quatrième classe. L'amende prévue est de 135 €, pouvant être minorée à 90 € si le paiement est effectué rapidement. Cette sanction vise à renforcer la discipline et l'utilisation correcte de ces voies dédiées aux transports en commun et au covoiturage de manière générale.
Après la tolérance, les premières amendes tombent
Initialement, les forces de l'ordre ont privilégié une approche adaptative et pédagogique, en laissant une période de tolérance pour permettre aux usagers de la vr2+ de s'habituer aux nouvelles règles.
Cependant, cette période est révolue, et les amendes pour utilisation à tort de la voie réservée commencent désormais à être appliquées de manière plus stricte. C'est le cas de l'autoroute A1 en direction de Lille, où une voie de covoiturage a été mise en place en septembre 2023, et les premières amendes ont depuis commencé à être distribuées.

Voie de covoiturage à Rennes avec un radar équipé d'une caméra thermique. Crédit image : Dirouest
Des radars de covoiturage en test
Actuellement en phase de test près de certaines grandes villes de France, ces radars automatiques font déjà beaucoup parler d'eux.
Comment fonctionnent les radars de covoiturage ?
Les radars de covoiturage, équipés de technologies avancées telles que l'intelligence artificielle, la 3D et les capteurs infrarouges, ne se contentent pas de surveiller la vitesse mais vérifient également le nombre de personnes à bord des véhicules.
Fabrice Chagnot de la DIR Ouest décrit ces dispositifs comme des "bornes cylindriques de 1,5 mètre de hauteur", dotées de multiples caméras qui capturent les plaques d’immatriculation et produisent des images en 3D des voitures pour un comptage précis des passagers.
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Des anecdotes pleines d'humour
Malgré la sophistication de ces technologies, un contrôle humain reste indispensable. Un agent de police vérifie les résultats de l'IA pour confirmer la présence réelle des passagers.
Cette mesure vise à contrecarrer les tentatives de fraude, notamment l'usage de mannequins ou de poupées pour simuler des passagers supplémentaires.
Cette pratique, bien que créative, a été observée aux États-Unis en 2023, où des conducteurs ont utilisé des mannequins habillés pour éviter les embouteillages. Les autorités, de la Californie au Massachusetts, ont réagi avec une pointe d'humour tout en rappelant l'importance du respect des règles.
Une homologation de ces radars en cours
Actuellement, ces radars sont en attente d'homologation officielle par l'État français. L'efficacité future de ces radars dépendra de cette étape cruciale pour leur déploiement officiel et leur utilisation régulière.
Vers des voies de covoiturage dynamiques en France

Autoroute A1 : fonctionnement de la voie réservée dynamique - Crédit image : DIR Nord
Lille : une voie réservée dynamique sur l'autoroute A1
La DIR Nord, Direction Interdépartementale des Routes du Nord, explique le fonctionnement de sa voie réservée dynamique sur ce tronçon de route de 10 km, étendu à 13 km en novembre 2024. Lorsque la circulation est dense sur ce tronçon de l'autoroute A1 dans cette partie de la région Hauts-de-France et que la vitesse descend en dessous de 70 km/h, la voie de gauche devient une voie de covoiturage.
Seuls les véhicules avec deux occupants ou plus, les véhicules électriques Crit’Air 0, les taxis, ainsi que les véhicules prioritaires et sanitaires ont le droit d'utiliser cette voie. Un signal lumineux en forme de losange blanc indique quand la voie est en mode covoiturage. La vitesse sur toutes les voies est limitée à 70 km/h, et les camions doivent circuler sur la voie de droite sans dépasser.
Lyon : seul en voiture mais disponible
La métropole de Lyon ne s'arrête pas à l'implémentation d'une simple voie réservée. Elle envisage l'introduction d'une voie de covoiturage dynamique, avec des hubs de connexion et une application dédiée pour faciliter les mises en relation entre conducteurs et passagers.
Ce projet, soutenu par l'initiative France 2030, vise à rendre le covoiturage encore plus flexible et accessible, permettant aux usagers de la vr2+ de bénéficier de la voie de circulation réservée même lorsqu'ils sont seuls, à condition de se rendre disponibles pour prendre des passagers en route.
Réduire le trafic en améliorant la qualité de l'air
À l'échelle nationale, l'objectif est clair : augmenter le taux de covoiturage et l'utilisation des transports en commun pour réduire significativement le nombre de véhicules sur les routes, ce qui contribuerait à une diminution de la congestion urbaine et des émissions polluantes.
Les villes de France, en adoptant des technologies avancées telles que les radars de covoiturage et en mettant en place des politiques incitatives, montrent leur engagement à atteindre ces objectifs. L'efficacité de ces mesures sera évaluée au fil du temps, avec une possible extension à d'autres régions si les résultats sont concluants.
La réussite de ces initiatives dépendra de plusieurs facteurs, notamment l'acceptation et l'adoption par le public, l'efficacité des systèmes de contrôle et la capacité des villes à s'adapter aux défis logistiques.
Toutefois, avec des efforts continus et une volonté politique forte, le covoiturage peut devenir un élément clé de la mobilité durable dans les zones urbaines françaises, avec en ligne de mire une amélioration significative de la qualité de l'air, notamment dans les grandes métropoles.